Sexisme ordinaire

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Sexisme ordinaire

On aime Andrew Murray, numéro 1 mondial du tennis qui malgré son élimination en quart de finale du tournoi de Wimbledon et sa déception certaine n’oublie pas les valeurs qui lui sont chères. Alors qu’il donnait une conférence de presse juste après sa défaite, l’Écossais a repris un journaliste pour sa question sexiste :

Le journaliste : “Sam est le premier joueur américain (à noter qu’en anglais il n’existe pas de différenciation genrée et qu’il existe un seul mot pour joueur et joueuse : player) à atteindre une grande demi finale depuis 2009, comment décririez-vous…
Andy Murray : “Joueur homme”
Le journaliste : “Je vous demande pardon ?”
Andy Murray : “Joueur homme, n’est ce pas ?”
Le journaliste : “Oui, premier joueur homme, c’est sur”.

Rire jaune du journaliste, regard noir du numéro 1 mondial.

Et de fait, Serena Williams a remporté 39 tournois du grand chelem, dont 5 Wimbledon depuis 2009. Et sa sœur Venus était demi-finaliste l’an dernier et face à sa propre sœur lors de la finale 2009. L’ignorer c’est mettre aux oubliettes quasiment la moitié l’histoire du tennis.

The Guardian a dénoncé le sexisme comme la pire de toutes les traditions idiotes de Wimbledon.

Le 9 juillet 1877, débutait à Londres le premier tournoi de Wimbledon, réservé aux hommes. Il faudra attendre 1884 pour que la compétition s’ouvre enfin aux femmes. Aujourd’hui, si la parité est respectée en apparence, le « sexisme » ambiant est permanent : au cours des 7 premiers jours, 7 matchs féminins contre 14 matchs masculins ont été joués sur le Court central. On peut noter aussi que lors des quarts de finale, le match ayant opposé Elina Svitolina, numéro cinq mondiale, à la jeune Lettone Jelena Ostapenko, gagnante de Roland-Garros en 2017, a été relayé au Court 12. Y a-t-il une chance pour que les organisateurs fassent jouer un tennisman de 20 ans champion de l’Open en France contre le 5e joueur mondial en quart de finale sur un petit court  ? Bien sûr que non, pointe le journaliste . Cette discrimination ancrée dans les mœurs au fil des années est légitimée par l’argument selon lequel le public veut regarder les matchs des hommes. Et pourtant, en Australie, la couverture médiatique du championnat de Netball (un genre de basket) et de la saison AFLW (footbal australien féminin) a bien montré que si on donne au sport féminin une belle place dans les médias, l’audience est au rendez-vous.

Alors merci à Andrew Murray de relever à chaque fois qu’il y est confronté, le sexisme ordinaire du milieu du Tennis.
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