Guerrière viking

Illustration © Evald Hansen de la tombe viking telle que découverte à Birka, en Suède, à la fin du XIXe siècle

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Guerrière viking

Walkiries, skjaldmö deux termes qui appartiennent à la mythologie nordique et qui font partie de notre imaginaire depuis que Lagertha est apparue dans la série Viking. Les historiens eux sont restés sceptiques face à cette figure guerrière féminine…
Et pourtant
Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, dans la ville de Birka au sud-est de la Suède, Hajlmar Stolpe, archéologue, fait une remarquable découverte. Il met au jour la tombe d’un véritable guerrier Viking. Un riche guerrier qui eut pour dernière demeure une tombe resplendissante, remplie d’épées, de flèches et de deux chevaux sacrifiés. Le site funéraire du parfait guerrier Viking. Du moins c’est ce que pensaient les archéologues jusqu’à présent. De nouvelles analyses ADN des os ont révélé que c’était une femme.

Des fouilles antérieures avaient montré que les femmes faisaient partie des guerriers vikings. Un texte irlandais du Xe siècle conte d’ailleurs l’histoire d’Inghen Ruaidh (La fille rouge), une femme guerrière qui a mené une flotte viking jusqu’en Irlande. Et de nombreuses sagas vikings dépeignent des jeunes filles armées se battant aux côtés des soldats. Mais certains archéologues considéraient ces guerrières comme des embellissements mythologiques créés pour satisfaire une description des genres plus moderne… Tous les artefacts découverts dans cette tombe étaient, dans leur imaginaire, forcément des attributs masculins.

L’évolution des perceptions

La bio-archéologue Anna Kjellström avait fait un peu évoluer la perception des choses après avoir procédé à un premier examen minutieux des os du supposé guerrier. Leur dimension correspondait sans équivoque à l’ossature d’une femme. Elle a présenté son analyse en 2014 et l’a publiée en 2016. Le grand public n’en n’a pas eu vent et certains archéologues ont remis en cause cette interprétation : depuis l’excavation du tombeau il y a plus de deux siècles, peut-être les os avaient-ils été déplacés et confondus avec ceux d’une autre tombe ? Peut-être le squelette avait-il été enterré avec d’autres personnes ?

Mais les prélèvements ADN ont été sans équivoque : aucun chromosome Y n’a été détecté dans les os et les restes étaient ceux d’une seule et même personne, une femme d’une trentaine d’années, relativement grande, mesurant environ 170 cm. Sans doute une guerrière et une stratège respectée car « Sur ses cuisses se trouvaient des pions, ce qui suggère qu’elle était une tacticienne et une meneuse. »

Une découverte édifiante qui bouscule les théories et les connaissances acquises jusqu’à maintenant sur les Vikings : « Cette tombe a généré un intérêt croissant au fil du temps, notamment à cause des textes narrant l’existence de femmes guerrières… Aujourd’hui les nouvelles technologies peuvent réinventer notre vision des Vikings » conclut Davide Zori, archéologue.

Et sans nul doute contribuer à faire évoluer le regard qu’on porte sur les femmes au sein de nos sociétés parce que oui, les stéréotypes ont la peau dure !

 

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