La féminisation des écoles d’ingénieur·e·s

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La féminisation des écoles d’ingénieur·e·s

Depuis quelques années, les écoles d’ingénieur·e·s multiplient les actions pour recruter de futures étudiantes. Pas si simple.

En effet, si depuis 1972 Polytechnique accueille les femmes, elles ne représentent que 15% des admissions 2016. Et les chiffres ne sont pas meilleurs aux Arts et Métiers où les femmes représentent 15% des nouveaux venus ni à CentraleSupélec où le chiffre stagne à 20%. Pourtant, les filles représentent 41% des élèves de terminale S et réussissent mieux que les garçons au bac.

En un siècle, les femmes ont conquis les sciences de la nature et de la vie (66% des futurs médecins sont des femmes) mais ce n’est pas le cas des mathématiques, de l’aéronautique, de la mécanique et du génie industriel. Et ce malgré la demande des entreprises. Une féminisation à 2 vitesses s’est mise en place : les filles occupent le terrain des branches scientifiques considérées comme plus féminines comme l’agronomie et vétérinaire. « Dans la tête des gens, ce n’est pas (l’agronomie) la science exacte, ça traite des sujets sensibles, davantage destinés aux filles donc ». Elles sont sans cesse renvoyées aux stéréotypes « soin des autres, vie familiale, santé  » et il semble que de façon inconsciente ces clichés soient pris en compte lors de l’orientation. De plus, elles ne sont pas bien informées sur les métiers scientifiques.

Au phénomène d’auto censure s’ajoute le sexisme ordinaire.

Dès le collège et le lycée des petites phrases lâchées ci et là font leur travail insidieux : un prof qui répète que les filles ont beaucoup de mal à distinguer les profondeurs dans l’espace. Tu ferais mieux de faire de la bio, toi ! C’est toi qui fait la présentation du projet ? Mets un décolleté et hop ça passe. Voire un enseignant qui suggère aux filles de sa classe préparatoire de se diriger vers l’enseignement, plus facile à concilier avec la vie de famille.

Sensibiliser aussi les hommes pour avancer.

« Souvent ils ne se rendent pas compte que ces plaisanteries sont des façons subtiles d’écraser, de monopoliser l’espace et écarter les filles » (Catherine Marry, sociologue du travail et du genre et directrice de recherche au CNRS). Il faut donc travailler avec eux. Et s’attaquer au problème le plus tôt possible comme le fait cette ancienne ingénieure reconvertie dans l’enseignement : directement au contact des élèves elle essaie de déconstruire les stéréotypes du genre « je suis nulle en math ».

Êtes-vous confrontées à des ados, de jeunes étudiantes et à ce genre de problématiques ? Comment luttez-vous contre ?

Source : Le Monde, la lente féminisation des écoles d’ingénieurs

 

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